lundi 27 juillet 2020

Les premières fois.

C'est marrant comme on peut vivre un paquet de première fois quand on sort de sa zone de confort.
Il y a quelques années, il m'est arrivé quelque chose d'assez indescriptible. Mais si vous me connaissiez, vous sauriez que j'aime bien les challenges. Et puis je suis un peu comme les Ent dans le Seigneur des Anneaux, je suis capable de m’exprimer si j'ai beaucoup de temps pour le faire. Et là, j'en ai, du temps. Alors, j'vais tenté de raconter un week-end dont je veux me souvenir.

A l'époque, je n'avais pas touché quelqu'un depuis si longtemps que j'en étais re-devenu puceau. Ma dernière aventure amoureuse m'avait laisser tellement sur le carreau que j'était persuadé de ne plus jamais pouvoir aimer de nouvelles personnes et de toute façon, j'avais perdu mon estime de moi à un point que je ne pensait plus jamais pouvoir rencontrer quelqu'un à qui je pourrais plaire. 
Et puis, spoiler: j'ai rencontré quelqu'un.

Mais ça ce n'est pas le début de l'histoire alors je vais revenir un peu plus tôt. Mon ex, ou plutôt la dernière fille que j'avais fréquenté (parce qu'on avait jamais vraiment été un couple, faut se l'avouer, j'étais plutôt comme son animal de compagnie, un genre de lapin bélier dépressif) m'avait plaqué depuis des années.
La douleur était presque passée et le besoin de câlin commençait à se faire sentir. J'avais donc repris contact avec une fille avec qui j'avais déjà passer des moments très agréables bien que je ne saurais pas vraiment décrire notre relation plutôt... asymétrique. On va dire que pour elle, j'étais juste un de ses nombreux plan cul, alors que de mon côté j'avais un monstrueux béguin pour elle. L'histoire de ma vie, quoi.

C'est une fille qui, bien sûr, me plait énormément physiquement, mais surtout, elle a un charme indéfinissable. Le genre de personne à réussir absolument tout ce qu'elle fait et qui rend la vie plus belle par sa simple présence. Le genre qui enchante le monde. Le genre qui m'a fait fondre au premier regard. J'ai toujours éprouvé pour elle un mélange de désir furieux et d'admiration sans borne. Et si je devais lister tout ce que j'aime chez elle, je n'aurais jamais assez de place. Et je pense qu'il n'y a jamais eu ne serait-ce qu'un début de réciprocité à ce que je ressent pour elle, mais ça ne fais rien.Tant mieux, même. Je suis quelqu'un de bien trop triste pour ce genre d'étoile filante. C'est mon enchanteresse, c'est tout.

Bref, je lui avais demandé si elle avait envie qu'on se revoit pour remettre le couvert et elle avait parue très motivée. J'avais donc décidé d'aller la voir à Lyon, le soir de son anniversaire, pour passer la soirée avec elle, et plus si affinité... On avais convenu que je dormirai chez elle.
Je l'ai rejoint dans un bar où elle passait la soirée avec son ami et colocataire de l'époque, un garçon tout à fait charmant et exceptionnellement bienveillant, ainsi que d'autres connaissances. Elle était habillé d'une robe rouge moulante et hyper-sexy. Une vrai bombe! Genre la femme en robe rouge dans Matrix. Voyez? Elle était magnifique.
La soirée était agréable, j'ai flirtouillé avec mon enchanteresse pendant quelques heures et nous avons fini par nous embrasser... Ce n'était qu'un petit baiser volé à la spider-man, quand personne ne regardait, mais à ce moment-là j'étais très enthousiaste, un vrai gamin!

Peu après, à la fermeture du bar, vers 2h du matin, nous sommes sorti pour aller poursuivre notre soirée ailleurs, dans un club privé de jeu de fléchette nommé "Dart Club" où nous avons pu rentré grâce à ma jolie rousse et où j'ai même pris une carte de membre sous le coup de la hype. C'était un bar sympathique, avec une clientèle et un barman adorable. Mais très vite, nous avons été rejoint par un "rival", le plan-cul du moment de mon enchanteresse.

Elle avait passer une bonne partie de la soirée sur son portable donc je m'y attendais un peu, mais ça m'a vite rendu assez jaloux, bien que j'ai tout fait pour le caché...
Et pour cause, le garçon qui était arrivé était une sorte de mini-viking. Un genre de caricature de Ragnar Lothbrock, blond, musclé, de beaux yeux clairs, avec le même genre de coupe de cheveux... mais de 1m60.
Il me paraissait tellement "mignon" d'après ce que je conaissait des goûts de mon amie que je le voyait comme un genre de concurrence déloyale. Je n'avais aucune sorte de chance contre lui dans un jeu de séduction. Il débordait de charisme et de confiance en lui (l'inverse de moi, quoi), et ça n'avait aucun sens de chercher à rivalisé... et puis de toute façon, depuis l'instant où Mini-Ragnar était arrivé, ma chère Jessica Rabbit a passé les trois heures suivantes avec sa langue fourrée dans la bouche du blondinet...

Ça, j'avoue que ça m'avais fait excessivement mal. J'avais fait 150km pour passer une soirée avec elle, et de la voir tout le reste de la nuit avec un autre mec juste après m'avoir embrassé, ça m'avais mis un sacré coup à un égo déjà à terre qui n'avait pas spécialement besoin de ça...

J'avais envie de partir (de mourir, en fait^^'), mais bon... C'était son anniversaire et elle semblait heureuse de le voir, donc c'était suffisant pour me forcé à être content pour elle, mettre mon masque (celui avec le sourire fake) et garder ma frustration en boule bien au fond de mon estomac.^^'
Et puis de tout façon, j'étais supposé dormir chez elle, donc j'ai passé le reste de la soirée avec les autres laissés-pour-compte. Notemment avec le pote de Mini-Ragnar, un petit brun qui était arrivé avec lui, avec un peu moins de charisme mais beaucoup plus de capital sympathie, et qui semblait aussi désespérément célibataire que moi. (et dont j'ai totalement oublié le prénom...) 

Nous nous sommes installé tous les deux à une table avec des bières et nous avons commencer à discuter et picoler pendant que ma rousse et son viking se bécotait dans un coin. Bientôt, une jeune femme blonde, un peu plus grande que moi mais toute menue et avec une pinte de bière qui me semblait énorme par rapport à elle, nous a demandé dans un anglais timide, si elle pouvait s'installer à notre table car nous avions la seule place assise restante.

Mon homologue "pièce rapportée" et moi-même l'avons accueilli avec plaisir et nous avons essayé, laborieusement, de discuter avec elle en anglais. Enfin en y repensant, c'est surtout le petit brun qui essayait de faire la conversation, mais son niveau d'anglais était tellement nul que je faisait la traduction d'un small talk de question-réponse banal et chiant à mourir. D'où elle venait, ce qu'elle faisait à Lyon, etc...
J'ai l'impression d'avoir passer tout le reste de la nuit à enchainé les pintes et à traduire de façon plus compréhensible (et moins grossière) ses tentatives de dragues maladroites à la jolie inconnue tout en jetant un coup d’œil de temps en temps pour voir si la langue de ma rousse était toujours dans la bouche de son mini-viking. Oui, elle y était encore et toujours. Bon ben... une autre pinte et traduction suivante!

En discutant, j'ai alors appris que la jolie grande blonde venait de Russie, qu'elle était à Lyon pour apprendre le français mais qu'elle était un peu plus à l'aise avec l'anglais (et qu'elle aimait le rock même si parler de ses goût musicaux semblait la mettre très mal à l'aise).
J'en ai un peu honte, mais j'avoue que je n'ai pas retenu grand chose de cette pseudo conversation, je n'avais vraiment pas la tête à ça...
En plus, la conversation semblait l'ennuyer autant que moi. Ce qui m'a le plus impressionné, c'est que la belle enfilait les pintes de bière comme personne dans ce bar. J'avais rarement vu quelqu'un avec une descente pareil. Impossible de la suivre!

Vers 5h du matin, donc après 3 heures de traduction de plus en plus approximative (et de salade de museau pour certains), ma rousse a enfin repris son souffle et proposé de rentrer se coucher.
A ce stade, je n'aurais rien eu contre un petit câlin de réconfort de ma belle enchanteresse, mais intérieurement, j'était complètement blasé et je n'avais plus l'intension ni l'envie de coucher avec qui que ce soit. Je venait de passer trois heures à vide, je pense que j'en avais inconsciemment profité pour dresser un petit bilan. J'était une sorte de meuble.

J'ai donc poliment serré les dents et pris congé du Mini-Ragnar, du petit brun et de la belle russe, mais alors que je ne m'y attendait absolument pas, la jolie blonde m'a agrippé le bras. Elle me tenait fermement à deux mains, en baissant la tête, cachant son visage sous sa frange droite. J'ai cru comprendre un "Attends." et elle semblait chercher ses mots alors j'ai attendu.
Ce moment m'a paru interminable. Ma rousse et son colloc, prêts à partir, m'attendaient en tenant la porte du club ouverte, le petit brun et les gens autour commençaient à nous regarder d'un air interrogateur en mode "Qu'est-ce qu'elle a?" et elle finit par réussir, après une deuxième éternité, à me demander de la raccompagné chez elle.

Je compris qu'elle était, en réalité, beaucoup plus saoule que moi quand elle essaya de bouger de son tabouret et s'effondra par terre. Je n'avais aucune idée de là où elle habitait mais elle m'assura connaître la route. A ce stade, ma terreur des grandes villes allumait tout les voyants au rouge. Dans ma tête, mon cerveau s'était déjà involontairement mis à turbiné pour établir à l'avance tout les scénarios catastrophe possibles et imaginables qui pouvaient arriver ; à elle, si je refusais ou à moi, si j'acceptais.
En admettant qu'elle retrouve le chemin dans son état, je me voyait déjà mettre 2h à galérer pour raccompagné une fille ivre morte jusqu'à son airbnb, puis, privé de guide, me perdre dans Lyon en cherchant un endroit où dormir et finir, comme d'habitude après ce genre de soirée, en clodos dans un parc...
Une question désespérée flottait alors dans ma tête au milieu d'une mer d'alcool, rebondissant à grand coup contre les parois de mon crâne: Pourquoi moi...?

Le petit brun avec qui elle avait discuter toute la soirée vivait à Lyon et connaissait surement beaucoup mieux la ville que moi et il semblait intéressé, donc j’étais sûr qu'il aurait accepté de la raccompagner avec joie, alors pourquoi pas lui?
Mais non, elle ne me lâchait toujours pas le bras. Pour une raison inconnu, elle me voulait, moi et personne d'autre. Et je ne pouvais juste pas dire non.

Déjà parce qu'il m'était inconcevable de laisser une jeune femme ivre rentrer toute seule chez elle en pleine nuit dans une grande ville, et parce que même si cela envoyait mon taux de stress dans la stratosphère, en vrai je trouvait ça super mignon et plutôt flatteur qu'elle m'ai choisit. J'ai commencé à craquer pour elle dès cet instant...

Donc après une courte explication à ma rousse et son colocataire nous sommes finalement sorti du bar avec une grande russe ivre accrochée à mon bras.
J'ai dis adieu à mon hypothétique câlin sur patte en robe rouge, qui s'éloignait dans la nuit et je prenais une autre rue, désormais vigoureusement tiré par la main par une belle étrangère qui semblait tout à coup avoir retrouvé toute son énergie et un semblant d'équilibre.

Moi j'était perdu dans ma tête, je n'avais plus tenu une fille par la main depuis... Peu importe. C'était agréable et déroutant...
Elle marchait droit devant elle avec ses longues jambes toutes fines, et moi je me prenait au jeu en trottant à coté, sans lâcher sa main, pour lui faire éviter les obstacles du trottoir et la ré-équilibré de temps en temps quand elle trébuchait. Ça avait quelque chose de très gratifiant d'aider ainsi une inconnue à rentrer chez elle saine et sauve. J'étais tout fier de moi et mon sourire n'était plus fake.

Et puis il s'est passé une nouvelle scène complètement lunaire. Environ à mi-chemin, dans une ruelle plutôt sombre et très en pente, une voiture s'est arrêter à notre niveau et nous avons été interpellé par quatre jeunes wesh qui, sans sortir de la voiture, ont commencé à nous taquiné. Ils nous demandaient avec insistance où on allait, ce qu'on avais prévu de faire, tout cela saupoudré d'éclat de rire, de gestes grivois et de gros sous-entendus salaces. C'était "Bienvenu à beauf-land"...
J'ai tout de suite compris qu'à leur yeux, nous étions un couple, vu que nous nous tenions par la main et ils faisaient tout pour nous mettre mal à l'aise.
Et moi, par fatigue, et parce que je commençait à apprécier cette promenade nocturne à deux, je m’efforçai de ne pas entrer dans leur jeu, de leur expliquer avec difficulté que je ne la connaissait pas et que je ne faisait que la raccompagné, que je n'avais rien prévu de faire avec elle. Forcément, ils ne m'ont pas cru, et se sont moqué de plus belle.

Et en réalité, moi-même, je ne me croyait pas. En réalité, j'avais eu envie d'elle à la seconde où elle m'avait attrapé par la main et j'espérais de tout cœur qu'ils avaient raison.

Mais je refusait catégoriquement de me faire des films et leur petit jeu commençait à m'agacer. Je m'efforçait de rester poli car je ne ne voulais pas créer de tension avec eux en les ignorant ou en leur manquant de respect, ils avaient visiblement bien bu aussi et je ne savais pas s'ils voulaient juste s'amuser à nos dépends ou s'ils avaient d'autre chose en tête. Seuls, dans une ruelle sombre, comme ça, nous étions des victimes potentielles et mon cerveau continuait de calculé les probabilité d'agression.

Je ne savais pas ce que ma belle inconnue avait en tête car elle n'avais pas prononcer un mot depuis le club, donc j'essayai d'expliquer aux gars qu'elle m'avait seulement demander de la raccompagner chez elle et que c'était tout ce que je comptais faire. Au bout d'un moment le conducteur de la voiture à décidé que leur divertissement avait assez duré et après m'avoir fait un clin d’œil bien lourd, ils sont enfin partis.

Pendant toute cette intéraction sociale particulièrement malaisante, je m'était instinctivement placé entre eux et mon inconnue, et elle était restée silencieuse derrière moi. Quand ils sont parti, j'ai à peine eu le temps de me retourner vers elle que sa bouche venait se posé fougueusement sur la mienne et elle m'embrassait comme si sa vie en dépendait.
Je ne saurais décrire le cocktail de substances dont mon petit chimiste de cerveau s'était mis à me gavé à partir de cet instant. L'adrenaline de la rencontre, l'endorphine de l'effort physique, l'ocytocine du baiser, la dopamine de l'alcool... Je ne comprenais plus rien à ce qui se passait. J'avais perdu la notion du temps depuis la deuxième ou troisième pinte, mais je peux presque affirmé que la seconde moitié du chemin à pris beaucoup plus de temps que la première.

A notre course folle et épuisante à travers les ruelles en pente raide et la succession d'escaliers menant à la croix rousse, nous avons ajouter de longue pauses durant lesquelles nos lèvres paraissaient tout bonnement inséparables.
Je me contentait de suivre la jolie russe sans jamais lâcher sa main et de l'embrassé dès que notre souffle nous le permettait. J'aurais voulu que cette nuit ne se finisse jamais.

Enfin arrivés chez elle, nous avions déjà commencer à déssaoulé, et nous avons fait une courte pause d'apnée en bas de son immeuble. Elle m'a expliqué qu'elle voulais que je reste dormir avec elle (mais qu'il ne fallait pas faire de bruit à cuase du proprio) et la suite fut pour moi un festival de première fois.

Première fois que je passait la nuit avec une fille dont je ne connaissait même pas encore le prénom, première fois avec une fille qui venait d'un autre pays,
première fois avec une fille plus grande que moi,
première fois dès le premier soir...

(et plein d'autre premières fois d'ordre privées! ^^')

Elle était à Lyon encore quelques jours, et le lendemain matin, après que j'ai enfin appris son prénom, nous avons décidé de passé le reste de son séjour ensemble jusqu'au jour fatidique du premier mai, où nous avons bu un dernier café matinal, puis nous avons marché jusqu'à la gare sous un lever de soleil printanier absolument radieux, interpellés ça et là par les petits vendeurs de muguet.
Même ce moment, qui nous emmenait pourtant loin de notre union éphémère, était un moment magique.

Puis elle est montée dans son train et son avion pour la Russie, et moi je suis monter dans le train cruel qui me ramènerait à la réalité...

Bref, c'était aussi la première fois que je suis tombé amoureux en moins d'une nuit...